Roquefort-les-Cascades et château de Roquefixade : Une rando d’automne au cœur des Pyrénées Cathares

– Temps de lecture : 9 minutes – 

Ecrit en collaboration avec Office Tourisme Pyrénées Cathares

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l'itinéraire de cette journée

Fin novembre, une matinée d’automne bien fraîche comme on les aime. Rendez-vous fixé à 7h30 au parking du métro de Ramonville. Florian et moi, chargés de nos sacs à dos bien trop lourds, prenons la route en direction de Roquefort-les-Cascades, un bijou caché dans ce territoire ariégeois si majestueux. Sur le trajet nous pouvons admirer les soleil embraser les sommets pyrénéens mythiques (Crabère, St Barthélémy, Montcalm…) Ces nuances dorées laissent présager une magnifique journée, une de ces journées où on se dit « Aujourd’hui, c’est le jour parfait pour marcher ! »

Arrivés au parking de Roquefort les Cascades, nous sommes accueillis par un habitant inattendu, son pas est assuré, son accent prononcé : un chien solitaire et amical vient quémander quelques papouilles. Ce dernier nous accompagne quelques minutes avant de disparaître dans les fougères.

 

Dès les premiers pas, le décor nous éblouit. Ces fameuses cascades pétrifiantes, si peu souvent actives, semblent tout droit sorties d’un décor de cinéma, tant leur apparence est irréelle. L’eau sculpte les rochers les rendant d’apparence tout lisses. Nous sommes en alerte constante dans l’espoir, presque inimaginable, de rencontrer cette bête mystique qui peuple ces contrées : le desman des Pyrénées.

 

Le belvédère qui surplombe la cascade de la Turasse nous donne une vision magique de ces fameux monts secrets de Plantaurel. 

La suite de la balade est tout aussi belle lorsque nous nous enfonçons dans un sous-bois féérique, seuls au monde, guidés par le chant mélodieux des martinets à ventre blanc. En chemin, nous croisons quelques randonneurs (bien que très peu nombreux).

Soudain, le silence est rompu par des gargouillements de ventres incessants. Il est l’heure monseigneur. L’heure de déguster quelques mets locaux dégoter sur le marché de Lavelanet. Le saucisson gras et fort odorant nous laisse penser que le cochon a vécu de beaux moments dans sa vie. La charcuterie de ce cher Bernard s’accompagne parfaitement avec le “tros” de brebis de Marc et le sandwicheeee (comme disent les autochtones) est englouti aussi vite qu’une descente à toute barzingue du col de Montségur.

La vue est magique, à couper le souff…

14h, il est temps de se remettre en mouvement pour aller à la rencontre de celui qui trône fièrement sur le territoire, j’ai nommé ce cher Roquefixade.

 

Au détour d’un sentier rocailleux, nous rencontrons le célèbre Jean-Luc (nous le nommerons ainsi pour les besoins du récit). Il est natif d’aqui, son accent est chantant et il se laisse immédiatement aller à une série d’anecdotes plus croustillantes les unes que les autres..

 

Il nous parle de son amour pour la région, de la station des Mont d’Olmes qu’il chérit particulièrement. Il nous explique, l’œil rieur et fier, ses vols en parapente qu’il fait au Pic de Saint-Barthélémy après une belle randonnée sportive. “Ici, on est encore quelques-uns anciens à faire du vol rando. Tu montes au Saint Barth, c’est bon tu voles, c’est pas bon bah tu casses la croûte, tu reviens, ça les jeunes ils aiment pas, ils préfèrent aller à Luchon, prendre le téléphérique, voler, se poser, remonter… Chacun son truc, quoi!”

Avec une touche d’humour, il nous raconte : “L’hiver, j’habite au Mont d’Olmes, ça agace les pisteurs parce que je leur pique la trace du matin, puisque eux, ils embauchent qu’à 8h. Moi, je pars à 7h30, et quand ils se lèvent, il y a déjà ma trace, alors ils râlent.”

 

“Oui, on est un beau pays ici, mais ça a perdu un peu avec les conflits d’usage. Maintenant, les incivilités gagnent la montagne. Les gens ne respectent rien, ils ouvrent les barrières, ils ne les referment pas… Depuis le COVID, il y a comment dirais-je ? Une nouvelle population qui gagne la montagne. C’est bien que ça se démocratise, mais c’est compliqué de tout concilier. On leur vend des skis de rando, des chaussures, mais on ne leur explique pas comment les utiliser, ni les bons usages.” 

 

Jean-Luc semble être ce genre de personne humble qui aimerait transmettre, apprendre et partager l’amour de son païs comme il se plaît à le nommer.

Il nous montre du doigt un sommet : “Cette falaise là qui est l’envers du Saint Barth, il nichent là (en parlant des vautours), c’est protégé d’ailleurs. Avec le vent, ils viennent jusqu’ici. C’est une bestiole qui fait des kilomètres dans la journée, et quand ils volent, c’est que c’est bon, quoi.”

En chemin, ses anecdotes se poursuivent, nous faisant voyager dans une Ariège brute et authentique, où traditions et modernité cohabitent parfois difficilement. Il nous parle des agriculteurs, des conflits liés aux animaux et de la difficulté de concilier tous les intérêts.

 

Le soleil décline progressivement et les dernières lueurs viennent presque transpercer les murailles du château de Roquefixade. Il est temps de remercier notre hôte et de nous diriger vers cette citadelle, qui jadis paraissait imprenable, pour profiter pleinement du spectacle que nous offre l’Ariège. Sous un coucher de soleil flamboyant, ce lieu chargé d’histoire offrait un panorama à couper le souffle sur la vallée environnante. La lumière dorée sublimait le paysage et semblait suspendre le temps. J’ai pensé intérieurement « Heureusement qu’on a pris cette journée pour venir ici ». 

Plus loin, nous croisons des grimpeurs, bien vaillants, accrochés à une falaise, le regard tourné vers les cimes. Plus bas, un troupeau de brebis paissent tranquillement. 

 

Le temps s’est arrêté pour une parenthèse simple et authentique. 

Il est maintenant l’heure pour nous de rejoindre la ferveur de la métropole toulousaine en pensant aux prochains sommets à conquérir, aux prochains vestiges à admirer. Car nous rêvons d’avoir plus d’histoires à raconter.

→ liens utiles pour préparer cette randonnée

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