Tous cohabiter en montagne : une question d'équilibre

– Temps de lecture : 6 minutes – 

Si vous avez lu notre récit de randonnée à Roquefort-les-Cascades, vous vous souvenez sans doute du fameux Jean-Luc, ce passionné de son « païs », gardien de la mémoire des Pyrénées ariégeoises et témoin des mutations que connaît la montagne.

Récit: Une rando d’automne au cœur des Pyrénées Cathares

Entre deux anecdotes pleines d’humour, Jean-Luc soulevait une réalité qui mérite que l’on s’y arrête : la montagne change, les usages aussi, et la cohabitation entre pratiquant·e·s devient un défi.

 

« Oui, on est un beau pays ici, mais ça a perdu un peu avec les conflits d’usage. Maintenant, les incivilités gagnent la montagne. Les gens ne respectent rien, ils ouvrent les barrières, ils ne les referment pas… Depuis le COVID, il y a comment dirais-je ? Une nouvelle population qui gagne la montagne.

C’est bien que ça se démocratise, mais c’est compliqué de tout concilier. On leur vend des skis de rando, des chaussures, mais on ne leur explique pas comment les utiliser, ni les bons usages. »

L’accès à la montagne se démocratise, et c’est une bonne chose. Mais comme Jean-Luc le souligne, cela s’accompagne aussi de nouvelles habitudes, pas toujours en phase avec les usages locaux et le respect du territoire. Entre randonneur·euse·s, agriculteur·rice·s, grimpeur·euse·s, chasseur·euse·s, parapentiste·s, chacun·e a sa place, mais comment faire cohabiter tout le monde dans le respect de cet environnement fragile ?

Face à ces nouveaux enjeux, plusieurs initiatives voient le jour pour favoriser une cohabitation plus harmonieuse en montagne. Sensibiliser, informer, responsabiliser : tels sont les maîtres-mots pour que chacun puisse profiter de ces espaces tout en préservant leur équilibre.

Des campagnes locales aux actions des offices de tourisme, la transmission des bonnes pratiques est essentielle. Des panneaux explicatifs aux vidéos pédagogiques diffusées sur les réseaux sociaux, l’objectif est de rappeler quelques règles simples : refermer les clôtures, respecter les sentiers balisés, minimiser son impact en bivouac… Ces gestes anodins font toute la différence.

 

Comme le disait Jean-Luc, la montagne attire une nouvelle population, parfois mal informée. Les réseaux sociaux, tout en étant un formidable outil de partage, amplifient aussi certains comportements problématiques. La mise en avant de spots sensibles peut entraîner une surfréquentation, et l’absence d’informations sur les conditions réelles de terrain peut mener à des situations à risque. 

Plutôt que d’opposer les pratiques, pourquoi ne pas encourager le dialogue ? Berger·e·s, photographe·s, VTTiste·s, naturalistes… Tous ont un lien fort avec la montagne, mais chacun l’aborde différemment. Des initiatives locales émergent pour faciliter cette cohabitation : journées de sensibilisation, chartes de bonne conduite, rencontres entre pratiquants et professionnels du territoire.

 

Parce qu’au-delà des paysages grandioses, la montagne est un espace de vie, fragile et précieux. Trouver un équilibre entre découverte et préservation, c’est un défi collectif, où chaque petit geste compte.

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